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Le rôle de l'anticorps monoclonal alemtuzumab dans le traitement des personnes atteintes de leucémie lymphoïde chronique

Skoetz N, Bauer K, Elter T, Monsef I, Roloff V, Hallek M, Engert A
Publié en ligne : 
15 février 2012

La leucémie lymphoïde chronique (LLC) est une forme de cancer qui représente 25 % du total des leucémies. Il s'agit du cancer du système lymphatique le plus fréquent dans les pays occidentaux. Il se caractérise par une évolution clinique et un pronostic très variables. Certains patients peuvent n'éprouver que des symptômes minimes ou pas de symptômes du tout durant de nombreuses années et avoir une espérance de vie normale, sans nécessiter de traitement. D'autres sont déjà symptomatiques au moment du diagnostic, ou le deviennent rapidement après, et sont sujets à des complications infectieuses et auto-immunes qui réduisent leur espérance de vie. Le traitement standard comprend une chimiothérapie avec un ou plusieurs agents. Aujourd'hui, des anticorps monoclonaux sont ajoutés, en particulier l'alemtuzumab et le rituximab. Toutefois, l'impact de ces agents reste incertain car des essais non-randomisés ont mis en lumière des indices d'une survie globale augmentée, mais aussi d'un risque d'infections graves. Dans cette revue systématique nous avons résumé et analysé les preuves provenant d'essais contrôlés randomisés (ECR) sur l'efficacité et l'innocuité de l'alemtuzumab dans le traitement de la LLC. Nous avons effectué des recherches dans plusieurs bases de données médicales importantes telles que CENTRAL, MEDLINE et EMBASE, et nous avons trouvé cinq ECR remplissant nos critères d'inclusion prédéfinis. Nous avons inclus des essais qui comparaient l'alemtuzumab à l'absence de traitement supplémentaire ou à un traitement anti-cancéreux chez des patients atteints de LLC, qu'il soient nouvellement diagnostiqués ou en rechute. Au total, 845 patients étaient traités dans ces cinq essais.

Deux essais ont évalué si l'alemtuzumab était avantageux par rapport à l'absence de traitement supplémentaire. Un essai rendait compte de la survie globale, montrant un avantage significatif pour les patients recevant de l'alemtuzumab en supplément. Le délai sans progression avait été significativement amélioré dans les deux essais avec l'alemtuzumab, mais plus de patients ont eu une infection, en particulier une infection virale (infection à cytomégalovirus). Un essai avait été arrêté prématurément en raison d'infections graves.

Deux essais ont évalué l'alemtuzumab par rapport au rituximab. Aucune des deux études n'a rapporté de données sur la survie ou la survie sans rechute de la maladie. Nous n'avons pas trouvé de différences statistiquement significatives concernant la réponse au traitement ou les décès durant le traitement. Un essai a été interrompu prématurément en raison d'une augmentation de la mortalité dans le groupe sous alemtuzumab.

Dans le cinquième essai, l'alemtuzumab était comparé à la chimiothérapie (chlorambucil). Dans cet essai, aucune différence de survie n'a pu être détectée jusqu'à la dernière publication de l'étude. L'alemtuzumab améliore de manière statistiquement significative la survie sans rechute, le délai avant un traitement anti-cancéreux pour rechute et le taux de réponse. Mais il est clair que davantage d'infections surviennent chez les patients traités avec l'alemtuzumab, en particulier les infections par le cytomégalovirus qui peuvent conduire à des infections pulmonaires et de la rétine.

En résumé, les résultats actuellement disponibles suggèrent que l'alemtuzumab octroie un avantage de survie en comparaison avec l'absence de traitement supplémentaire, mais qu'il augmente le risque d'infection en général et par le cytomégalovirus en particulier.