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La pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide à effet rémanent pour la prévention du paludisme

Pluess B, Tanser FC, Lengeler C, Sharp BL
Publié en ligne : 
12 mai 2010

La pulvérisation d'insecticides dans les maisons (pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide à effet rémanent; PID) pour tuer les moustiques est une des principales méthodes qui ont été utilisées pour lutter contre le paludisme sur une grande échelle. La PID a contribué à éliminer le paludisme de vastes zones en Asie, en Russie, en Europe et en Amérique latine, et des programmes de PID ont également été réalisés avec succès dans certaines parties de l'Afrique.

Une autre méthode efficace de lutte contre les moustiques repose sur l'utilisation de barrières physiques telles que les moustiquaires ou les rideaux qui peuvent également être imprégnés d'insecticides (moustiquaires imprégnées d'insecticide ; MII). Cette revue vise à examiner les bénéfices de la PID pour la santé et à comparer cette méthode avec les MII.

Cette revue n'évalue pas les effets potentiellement indésirables des insecticides utilisés pour la PID et elle ne comprend pas que des essais contrôlés randomisés (ECR) mais aussi des études contrôlées avant-après (CAA) et des séries temporelles interrompues (STI), car ces méthodes ont été considérées comme suffisamment rigoureuses.

Six études ont été identifiées pour inclusion (quatre ECR en grappes, une CAA et une STI). Quatre de ces études avaient été menées en Afrique sub-saharienne, une en Inde et une au Pakistan. En Tanzanie, où les gens sont régulièrement exposés au paludisme, la PID réduisait de moitié la transmission du paludisme chez les jeunes enfants en comparaison avec l'absence de PID ; en Inde et au Pakistan, où la transmission du paludisme est plus instable et où sévit plus d'un type de paludisme, elle protégeait tous les groupes d'âge.  

En comparaison avec les MII, la PID est apparue plus protectrice (d'après le critère de jugement choisi) dans un essai mené dans une zone de transmission stable du paludisme, mais les MII semblaient être plus protectrices que la PID dans les zones instables. Malheureusement, le niveau de preuve est très limité et aucunes conclusions définitives ne devraient être tirées sur la base de cette revue.

En conclusion, bien que les programmes de PID aient affiché un succès impressionnant dans la réduction du paludisme à travers le monde, il existe trop peu d'essais bien menés pour permettre la quantification des effets de la PID dans les zones caractérisées par différentes transmissions du paludisme, ni la comparaison de la PID et des MII. Des essais de bonne qualité et de longue durée sont toujours urgemment nécessaires sur une grande échelle dans les zones où il n'y a eu que peu ou pas de lutte contre les moustiques. Les nouveaux essais devraient inclure un groupe PID et un groupe MII, et devraient également évaluer l'effet combiné des MII et de la PID, question très importante en vue de l'élimination du paludisme.