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Français

L'acupuncture pour le syndrome du côlon irritable

Manheimer E, Cheng K, Wieland LS, Min LS, Shen X, Berman BM, Lao L
Publié en ligne : 
16 mai 2012

Le syndrome du côlon irritable (SCI) est une affection gastro-intestinale chronique caractérisée par une altération des habitudes intestinales et des douleurs et une gêne abdominales. Il s'agit d'un trouble fréquent, coûteux et difficile à traiter qui dégrade aussi la qualité de vie liée à la santé et la productivité au travail. Certaines pharmacothérapies (c.-à-d. des médicaments) pour le traitement du SCI procurent des bénéfices modestes et présentent des risques d'effets secondaires, et c'est pourquoi il est important d'évaluer l'efficacité et la sécurité de thérapies non médicamenteuses comme l'acupuncture. Un problème avec les essais portant sur le SCI tient au fait que des effets placebo sont souvent observés dans le traitement du SCI. Les effets placebo sont des améliorations des symptômes qui sont dues à la confiance qu'a le patient dans un traitement particulier plutôt qu'aux effets biologiques spécifiques du traitement.

Cette revue comprenait 17 essais contrôlés randomisés (ECR) impliquant au total 1 806 participants. Cinq ECR (soit 411 participants) avaient comparé l'acupuncture à une acupuncture simulée pour le traitement du SCI. L'acupuncture simulée est une procédure dans laquelle le patient croit bénéficier d'une véritable acupuncture. Dans l'acupuncture simulée, cependant, les aiguilles soit ne pénètrent pas dans la peau soit ne sont pas placées aux bons endroits sur le corps, ou les deux à la fois. L'acupuncture simulée est destinée à servir de placebo par rapport à la véritable acupuncture. Les études contrôlées par simulation étaient bien conçues et de bonne qualité méthodologique. Ces études avaient testé les effets de l'acupuncture sur la gravité des symptômes du SCI ou sur la qualité de vie liée à la santé. Aucun de ces ECR n'avait constaté que l'acupuncture était supérieure à l'acupuncture simulée pour l'un de ces deux critères de jugement, et le regroupement des résultats de ces ECR n'a pas mis en évidence une supériorité de l'acupuncture sur l'acupuncture simulée. Les résultats de quatre essais d'efficacité comparative en langue chinoise ont montré que l'acupuncture était supérieure à deux médicaments antispasmodiques (le bromure de pinavérium et le maléate de trimébutine) qui procurent tous deux un bénéfice modeste pour le traitement du SCI, bien qu'aucun ne soit homologué aux États-Unis pour le traitement du SCI. Il est difficile de savoir si la supériorité de l'acupuncture rapportée par les patients dans ces études ouvertes était ou non entièrement due au fait que les patients attendaient une plus grande amélioration de l'acupuncture que des médicaments et qu'ils préféraient l'acupuncture à la pharmacothérapie. Il y avait eu un effet secondaire (l'évanouissement d'un patient) associé à l'acupuncture parmi les neuf essais ayant rendu compte des effets secondaires, bien que la relativement petite taille des effectifs limite l'utilité de ces données sur la sécurité.